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Hans Selye et le stress
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Hans Selye et le stress
Le mot stress a été créé en 1936 par Hans Selye. Il désigne une réaction biologique bien réelle à une stimulation extérieure physique, psychique ou sensorielle Et son intensité vient souvent moins de la stimulation que de la façon dont nous la percevons et y faisons face.
" La première (règle), c’est que chacun doit trouver son propre niveau de stress. Il ne faut surtout pas croire qu’il faille à tout prix éviter le stress, car il est absolument inévitable. Éviter le stress, cela voudrait dire éviter la vie! Ne plus faire aucune demande à son organisme. Mais ce qui est important, c’est qu’en matière de stress, et donc en matière de vie, chacun soit son propre médecin. …
" Toute la difficulté, c’est d’être certain que ce niveau de stress choisi et le but à atteindre soient bien les nôtres et non pas ceux qui sont imposés par la société. On peut alors imaginer un ensemble d’instruments qui puissent aider quelqu’un à compléter cet auto- diagnostic de ses besoins et de ses limites. Mais il faut aussi que chacun apprenne à se connaître, à s’écouter, à se prendre en charge. Et au niveau social, il faudrait imaginer des structures qui permettent à chacun de fonctionner à son propre rythme. Il n’y a aucune raison de forcer une tortue à courir plus vite qu’un cheval de course, ou d’empêcher ce cheval de dépasser la tortue, à cause de quelque obligation majeure! […]
" Il faut aussi de la lucidité face aux obstacles rencontrés : lutter énergiquement pour un but qu’on s’est fixé, tant qu’on le croit souhaitable et possible, mais abandonner tout effort dès que la lutte n’en vaut plus la peine. Je le dis toujours : ça ne donne rien de rager contre ce qu’on ne peut pas changer! " Hans Selye interview par Georgette Goupil
Qui est Hans Selye ?
Hans Selye naît en 1907 d’un médecin militaire hongrois et d’une mère autrichienne. Il fait ses études de médecine à Prague et obtient tout d’abord un poste d’assistant au laboratoire d’histologie de l’Institut de Pathologie Expérimentale. Il garda ce poste jusqu’à l’obtention de son diplôme de médecin. Une bourse Rockfeller lui permet alors de venir à la Johns Hopkins University où il commence ses recherches en biochimie. En 1932 il s’installe à Montréal et il deviendra le premier directeur de l’Institut de Médecine et Chirurgie Exprérimentale. En 1979 il fondera avec Alvin Toffler l’Institut Canadien du Stress.
Dés 1926 il avait commencé à développer sa théorie de l’influence du stress sur la capacité de gérer et de s’adapter à la pression des blessures et maladies. Il remarqua que des patients ayant des affections diverses manifestaient des symptômes similaires qu’il finit par attribuer aux efforts faits par le corps pour répondre au stress de la maladie. Les rats de laboratoire présentaient les mêmes réponses physiques lorsqu’on les mettait sous stress. Il en conclut que le stress joue un rôle dans le développement de toutes les maladies et que l’incapacité à gérer les «stresseurs» peut conduire à des maladies d’adaptation telles que les ulcères, l’hypertension. Il ajouta que ce n’est pas le stress qui nous fait du mal mais la détresse.
La Genèse du stress :
Le stress a été découvert de façon accidentelle alors que Selye travaillait sur la réaction de rats auxquels il injectait des extraits ovariens. Les rats développèrent divers symptômes tels que un gonflement des surrénales, l’atrophie du thymus ou des ulcères à l’estomac et au duodénum dont la gravité dépendait de la quantité d’extrait absorbée. Selye eut l’impression qu’il allait découvrir une nouvelle hormone puisqu’aucune de hormones connues ne causait ce genre de symptôme. Son espoir diminua lorsqu’il réalisa que des extraits de placenta, de rein, ou autres organes producteurs d’hormones produisaient les mêmes symptômes.
En désespoir de cause il injecta aux rats une substance toxique- la Formaline- et lorsque le même résultat apparut il conclut que la cause de ces symptômes était ailleurs
L'ensemble de ces signes constitue ce qu'il appela d’abord G.A.S c'est-à-dire « General Adaptation Syndrome » (le syndrome général d'adaptation). Lorsqu’il donna des conférences en France et en Allemagne le mot n’existait pas dans la langue et on adopta donc «stress » qui vient de l’anglais « distress » c'est-à-dire détresse. Le mot désigne à la fois la cause et l'effet de l'agression. Il s'agit d'un ensemble de symptômes non spécifiques, qui se manifestent quel que soit l'agent agresseur ou l'événement, et viennent bien entendu s'ajouter aux symptômes spécifiques de l'agression (signes infectieux, traumatiques, etc.).
Les Trois phases du Stress ?
Selon les travaux de Hans Selye et de ses successeurs, le syndrome d'adaptation se développe en trois phases.
La réaction d'alarme : c'est la phase initiale qui permet au corps de se préparer à la lutte ou à la fuite (fight or flight en anglais). C’est la réaction du cerveau reptilien confronté à l’inconnu ou l’inattendu. Le corps se prépare à l’agression en libérant des hormones destinées à soutenir cette fuite ou ce combat. A ce stade le stress est la manifestation de l’instinct de survie.
Lorsque nous voyons un danger, un signal est transmis dans le cerveau au cortex. Cela déclenche une série de réactions physiques et hormonales destinées à préparer le corps à faire face. Dès la décennie 1920-1930, Cannon avait déjà proposé la notion que la réaction neuro-végétative à l'agression permettait la fuite ou la lutte.
Le stade de résistance : C’est une phase d’adaptation – si l’organisme a survécu au premier stade. Cette phase permet de devenir résistant au stress : le corps trouve des stratégies pour s’accommoder d’une agression qui dure : il apprend à résister à la faim, au froid, à l’effort etc… Il tente de rassembler d’autres ressources afin de trouver un nouvel équilibre. Il se met à secréter d’autres hormones : l’endorphine aux vertus apaisantes, le cortisol, la dopamine, la sérotonine et enfin des hormones sexuelles. A ce stade, le stress est considéré, d’un point de vue biologique, comme un agent stimulant bénéfique pour l’organisme, qui lui permet de réagir pour survivre à des situations pouvant le mettre en danger.
Le stade d'épuisement : L’afflux hormonal inhabituel entraîne des gestes inutiles, de l’angoisse, des troubles digestifs, l’insomnie, la dépression qui – ajoutés à l’agression initiale- augmentent encore les dépenses énergétiques et, à la longue, dépassent les capacités de gestion du corps. Vos défenses immunitaires perdent du terrain, ce qui vous rend extrêmement sensible aux agressions extérieures. Vous êtes dans un état de tension excessive. Le corps n’a plus les réserves d’énergies nécessaires pour faire face. La machine se détraque et vous tombez malade
Comment se défendre?
D’après Selye nous disposons de deux types d’énergie d’adaptation:
- une énergie superficielle vite disponible et renouvelable (c’est celle qui est régénérée par le repos ou une nourriture adaptée
- une énergie profonde que nous devons économiser car ses stocks ne sont pas renouvelables. Ce serait l’épuisement de ces réserves qui amènerait le vieillissement puis à la mort. Cela ressemble à l’énergie Rein dont parlent les chinois : nous recevons au départ un capital et nous mourons lorsqu’il est épuisé.
Les causes du stress
Il n’y a pas de causes précises et établies au stress. Il n’est jamais une réponse automatique ni invariable. Face à la situation stressante, les différences de réactions sont considérables et dépendent beaucoup de la personnalité : Une éraflure sur la carrosserie de leur voiture peut occasionner, chez certains, un stress plus important que la perte d'un proche. Reste qu’il existe des facteurs aggravants : certaines périodes de la vie, certains états psychiques, … durant lesquels votre organisme est plus sujet à développer des réactions en spirale.
Lorsque vous subissez un « stress » donc une agression de quelque nature que ce soit (elle peut être minime et sans danger : prendre le métro pour la première fois par exemple) votre rythme cardiaque s’accélère, vos mains peuvent devenir moites etc… Plus la peur et/ou l’émotion sont intenses, plus les symptômes sont accentués. Dans les cas graves, vous pouvez avoir des vomissements ou une incontinence urinaire. Toutes ces réactions sont dues à une production excessive d’hormones qui peut à la longue engendrer diverses maladies dont les ulcères ou les crises cardiaques.
Dans la définition de Selye le « stress » peut être n’importe quoi de la privation de nourriture à l’injection d’une substance étrangère dans le corps ou à un excès d’effort musculaire. En fait le stress n’est pas seulement un « stress nerveux » mais et aussi un apprentissage de la façon de réagir face à une situation particulière.
La réaction physiologique est la même quelle que soit la nature du stress : un stress agréable (vous tombez amoureux) ou désagréable (la rupture). Dans les deux cas le corps doit s’adapter à une situation nouvelle.
Dans les deux cas il doit effectuer un nouvel apprentissage pour gérer cette situation nouvelle.
Mais les symptômes associés et leur gravité varieront en fonction de la physiologie de la personne, de son histoire, de la nature du stresseur etc... La différence sur le plan biologique vient de la façon dont nous gérons la situation
Stress positif- Stress négatif
Dans la mesure où le stress est « la réponse non spécifique du corps à n’importe quelle demande » le stress n’est pas toujours un inconvénient :
Lorsqu’il s’agit d’un évènement heureux ou espéré le stress agit comme un stimulant qui nous permet de vivre plus pleinement la situation. Nous dépensons avec bonheur les hormones secrétées par le corps. Une émotion heureuse accompagne cette dépense d’énergie et nous pouvons terminer la journée fatigué, mais nous serons sereins ou heureux. L’organisme se mettra au repos sans problème et nous reconstituerons les réserves grâce à un sommeil réparateur. Nous avons vécu « l’eu-stress » stress agréable qui nous fait nous sentir plus vivant. Et une fois l’excitation passée, le corps peut retrouver son équilibre normal.
Les difficultés commencent quand la demande faite au corps correspond à une situation désagréable. Là nous entrons dans la situation « lutte ou fuite ». Or nous ne sommes jamais sûrs de sortir vainqueurs d’une lutte et la fuite peut ne pas être assez rapide pour assurer notre survie. Ne parlons pas des circonstances où il nous est impossible de faire l’un ou l’autre, ce qui correspond à ce que les anglo-saxons appellent le « double bind », la double contrainte.
Vivre sans stress suppose de traquer le stress négatif et à l’éliminer autant que possible … ce qui nous permettra de nous consacrer pleinement au stress positif né des évènements heureux de notre vie.
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